Emergence de la maladie hemorragique epizootique en Europe

Cette maladie sévit en Europe, depuis 2022. Le point sur la situation.

Symptômes chez le bovin

Après l’infection suit une période d’incubation de 2 à 10 jours avant l’apparition des signes cliniques, cités du plus fréquent au moins fréquent :

  • Boiterie
  • Mufle rouge et gonflé
  • Anorexie
  • Fièvre
  • Salivation abondante
  • Ulcérations du mufle
  • Prostration, apathie
  • Détresse respiratoire
  • Avortements
  • Inflammation des paupières
  • Rougeurs au niveau du pis
  • Incoordination motrice
  • Rougeur et gonflement du bord supérieur de l’onglon
  • Mortalité néonatale
  • Diminution de la production laitière
  • Rougeurs vulvaires
  • Perte de poils

En février déjà, nos pages évoquaient l’émergence inquiétante de la Maladie Hémorragique Epizootique ( MHE ), des foyers ayant été mis en évidence dans le sud-ouest de l’Espagne chez des bovins ainsi qu’en Sardaigne chez des cervidés domestiques.

L’historique mondial illustre bien le potentiel épidémique de cette maladie. Sa première description remonte à 1955, chez le cerf à queue blanche, aux Etats-Unis. Au début de l’automne 2020, une autre épidémie importante explose dans la vallée de l’Hudson et tue près de 1 500 cerfs. En 2021, les rapports de cerfs morts s’élèvent à 2 000 cas dans les comtés de la vallée de l’Hudson, de la région des Grands Lacs et de Long Island.

Avant 2022, la maladie sévissait également en Afrique, en Asie, en Australie mais se cantonnait aux frontières de l’Europe, sur le pourtour méditerranéen.
Ensuite, comme on le redoutait, de premiers foyers européens ont été signalés en Sardaigne et en Sicile, puis en Espagne, au Portugal, en Suisse … Et depuis le 9 octobre 2023, la progression du virus est fulgurante dans le sud-ouest de la France, avec pas moins de 3 636 foyers recensés chez les bovins, à la date du 6 décembre, avec un pic en juillet et septembre. La Belgique reste préservée, à l’heure où sont écrites ces lignes… Mais d’épidémique en Europe, le phénomène risque fort de s’installer à l’état endémique, si rien n’est fait pour l’endiguer.

Non contagieuse entre animaux mais transmise par un moucheron piqueur, cette maladie est due à un virus proche de celui de la maladie de la langue bleue ou Fièvre Catarrhale Ovine ( FCO ). Les symptômes des deux pathologies chez le bovin sont d’ailleurs à ce point similaires que la MHE ne peut être distinguée cliniquement d’une infection par le virus de la FCO. Ces symptômes sont décrits par ordre de fréquence ci-contre. Chez les adultes, la mortalité est possible mais faible.
Si la plupart des ruminants sont sensibles à la maladie, certaines espèces le sont plus ou moins selon le sérotype infectant. Les cervidés le sont fortement, avec des formes aigues et aggravées par des diarrhées hémorragiques menant souvent à la mort. Les ovins, caprins et camélidés présentent quant à eux peu ou pas de symptômes.

Enfin, rassurons-nous, la MHE n’est pas une maladie transmissible à l’homme.

Stratégies de contrôle

Nous manquons aujourd’hui encore d’informations, de recul et d’expérience sur cette maladie. Des études complémentaires sur l’épidémiologie, la pathogenèse et l’efficacité des mesures de contrôle sont nécessaires pour en établir l’impact réel en Europe.
La MHE est catégorisée « D + E » par la commission européenne, ce qui signifie la déclaration obligatoire des foyers et la restriction consécutive des mouvements intra-communautaires.

Une surveillance intégrée du bétail, de la faune sauvage et des populations de vecteurs est nécessaire. La sensibilisation des professionnels, notamment des acteurs de la faune sauvage en termes de surveillance passive ( prélèvements et analyses en cas de suspicions ) se met en place.
Enfin, aucun vaccin n’est, à ce jour, disponible sur le marché.

Le rôle de l’ARSIA

En cas d’apparition de signes cliniques suspects, seules des analyses de laboratoire permettront de diagnostiquer la MHE, avec une mise en évidence du virus par PCR ( organes ou sang complet ) ou des anticorps par ELISA ( sérum ).

L’ARSIA et son laboratoire surveillent de très près cette maladie ainsi que sa progression, et au besoin, en cas de menace sur notre territoire, se mobilisera en collaboration avec les autorités sanitaires. Notre rôle est également d’informer au maximum les vétérinaires et les éleveurs afin d’améliorer la vigilance et la surveillance envers cette maladie, ce que nous continuerons à faire au cours des prochains mois.

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