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La Peste Porcine Africaine

Dernière mise à jour : 21/09/2018

Jeudi 13 septembre 2018, 2 sangliers provenant de la province de Luxembourg, près d’Etalle, ont été confirmés positifs pour le virus de la Peste Porcine Africaine (PPA) par le laboratoire national de référence Sciensano. C’est la première constatation de la PPA chez le sanglier en Belgique à plus de 1000 km des zones contaminées connues (le long de la frontière est de l’UE).

Vendredi 14 septembre, une réunion d’information à destination des secteurs concernés a été organisée par l’AFSCA et la Région Wallonne, respectivement compétentes en matière de la santé animale dans les espèces domestiques et dans la faune sauvage. Ils sont donc les seuls maîtres d’œuvre ; mais tous les secteurs sont concernés.

Les autorités y ont notamment présenté la zone de restriction mise en place autour de la commune concernée et les mesures qui y seront appliquées. L’hypothèse de la source communément retenue est celle du lien à une « activité humaine ».


Qu’est-ce que la peste porcine africaine ?

La peste porcine africaine (PPA) est une maladie virale hautement contagieuse non zoonotique qui affecte les suidés domestiques (porcs et sangliers d’élevage), qui y sont particulièrement sensibles, et les suidés sauvages (sangliers, phacochères et potamochères), qui agissent en outre, comme réservoir et maintiennent le virus présent dans l’environnement.


Ce virus n’affecte pas l’homme

Comme la peste porcine classique (PPC), c’est une «maladie rouge» (lésions hémorragiques). Ces 2 maladies sont très proches sur le plan clinique, lésionnel et épidémiologique bien que les agents soient très différents.

Elle est due à un asfarvirus (virus à ADN) extrêmement résistant, qui persiste à l’état infectieux durant des mois dans la viande crue, salée, séchée ou congelée.

Les suidés (porcs/sangliers) s’infectent par contact:

  1. direct (oro-nasal, transplacentaire),
  2. indirect via l’ingestion de produits alimentaires fabriqués à partir de suidés infectés ou via du matériel contaminé (personnes, équipements ou véhicules contaminés propageant mécaniquement le virus).

La maladie se manifeste sous des formes aiguës, subaiguës et chroniques selon la virulence de la souche :

  1. forme aiguë : forte fièvre (40.5-42°C), anorexie, léthargie, désordres sanguins s’accompagnant d’hémorragies sous-cutanées et d’ictère, diarrhée, mort rapide (1-3 semaines) et taux de mortalité pouvant avoisiner les 100%,
  2. forme subaiguë : symptômes moins intenses, avec un taux de mortalité moindre et la mort survenant dans un délai plus long,
  3. forme chronique : une clinique insidieuse est observée, avec des signes frustes d’une maladie évoluant sur plusieurs mois,

Le diagnostic clinique de la maladie est parfois très difficile, surtout au début de l’infection.

Le diagnostic différentiel comprend de nombreuses affections virales (PPC, Aujeszky, SDRP,...), bactériennes (rouget, salmonellose, autres septicémies), parasitaires ou nutritionnelles.

Seul le diagnostic de laboratoire pourra confirmer ou infirmer une suspicion.

Pour cette maladie, il n’y a ni traitement, ni vaccin.


Mesures des Autorités

Des premières mesures afin d’éviter et/ou réduire la dispersion du virus et éviter son introduction dans le circuit domestique ont été prises.

Au sein de la zone de restriction :

  1. l’obligation pour toute exploitation de porcs de réaliser un inventaire dans les 72h,
  2. l’obligation de faire venir le vétérinaire pour une analyse approfondie des mesures de biosécurité mises en place au sein des exploitations ainsi que le renforcement des mesures de biosécurité,
  3. l’interdiction de mouvements de porcs dans les exploitations (entrée et sortie) sauf autorisation spéciale de l’AFSCA,
  4. l’examen de toute maladie et/ou mortalité,
  5. Dans les exploitations concernées (parcours extérieur), l’obligation de séparer complétement les porcs des sangliers par une double clôture électrifiée fonctionnelle ; et si ce n’est pas possible, le confinement des porcs.

Dans tout le pays :

  1. les rassemblements de porcins sont interdits, y compris les transports d’animaux (sauf si ceux-ci ne transportent que des animaux provenant de la même exploitation et à destination d’une seule exploitation ou abattoir).
  2. Il faut éviter tout contact avec des porcs dans les 72 heures après un contact avec un sanglier et ne pas introduire de sangliers ou partie de sangliers (chasse) dans l’exploitation porcine.
  3. Toutes les exploitations porcines doivent disposer d’une quarantaine pour tout porc introduit.
  4. Le matériel, les véhicules de transport et engins agricoles utilisés dans les champs doivent être efficacement nettoyés et désinfectés, et en aucun cas échangés entre exploitants.
  5. Le renfort des mesures de biosécurité est de mise ainsi que la limitation de l’accès aux exploitations au stricte nécessaire.
  6. Le vétérinaire d’exploitation doit examiner immédiatement tout problème d’ordre sanitaire troubles et/ou de mortalités suspects dans votre troupeau, avec la réalisation de prélèvements.

Des mesures ont été également prises concernant les sangliers. Par exemple : la chasse et le nourrissage sont interdits en Wallonie au moins jusqu’au 15 octobre, de manière à éviter la dispersion des sangliers sur le territoire.


Le statut de la Belgique vis à vis de la PPA

Le statut indemne de peste porcine africaine de la Belgique est maintenu pour les porcs domestiques mais suspendu pour les animaux sauvages. En matière de commerce international, lkes conséquences économiques directes qui y sont liées sont non négligeables.  

"En cas de doute ou de suspicion, un seul réflexe: prenez contact immédiatement avec votre vétérinaire et l’AFSCA"



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