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Projet GPS « Clapier »

Dernière mise à jour : 14/02/2017

L’Arsia lance un nouveau projet GPS portant sur la problématique des clapiers ou «péritonite pariétale fibrineuse».

Dans le cadre de ce projet, l’Arsia travaillera en collaboration avec la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’ULg, et en particulier avec le Dr Vét. Salem Djebala, Département clinique des animaux de production. Dans l’article qui suit, il décrit les conditions d’apparition de cette pathologie et rappelle quelques conseils utiles aux éleveurs pour la prévenir.

La Péritonite Pariétale Fibrineuse ou « Clapier »

La péritonite pariétale fibrineuse (PPF) ou clapier péritonéal correspond à l’accumulation de plusieurs dizaines de litres de liquide et de fibrine dans la paroi abdominale du bovin.
Cette poche de liquides prend place entre la paroi musculaire et le péritoine pariétal (Chelmow et al., 2004) (figure 1). Il s’agit là d’une complication importante des chirurgies abdominales qui touche environ 7 bovins sur 1000 et se solde par la mort de l’animal dans 13% des cas (Lamain, 2010). En Belgique, elle touche près d’1% des césariennes effectuées sur des vaches de race Blanc-bleu Belge (Mijten, 1998). Le clapier péritonéal est fréquemment situé au niveau du flanc gauche autour de la plaie de césarienne, mais il peut aussi se localiser au niveau de la paroi abdominale droite, dans la partie déclive de l’abdomen, s’étendre du flanc gauche jusqu’au flanc droit et enfin au niveau du bassin voire dans la cavité pelvienne (Lamain, 2010). Dans de rares cas, il peut toucher des animaux n’ayant subi aucune intervention chirurgicale.

Les symptômes de la PPF apparaissent généralement entre 2 à 7 semaines après la césarienne, avec une fluctuation qui va de 1 à 12 semaines. Les signes cliniques sont peu spécifiques, les plus observés sont une baisse d’appétit accompagnée d’un amaigrissement prononcé, un abattement avec ou sans fièvre et un abdomen levretté visible lorsque la vache est en position debout (Gille et al., 2016 ; Lamain, 2010).

Le diagnostic clinique est établi différemment selon la localisation de la PPF. À l’inspection, on observe une dilatation de l’un ou des deux flancs. La palpation est indolore et permet au vétérinaire d’identifier un contenu liquidien. Au fouiller rectal, ce dernier pourra palper une ou plusieurs poches sous tension, situées en avant du bassin à gauche et/ou à droite, voire dans la filière pelvienne. L’échographie des gonflements est l’examen complémentaire de choix pour effectuer un diagnostic de certitude et une localisation précise du clapier.

Le clapier péritonéal était toujours considéré comme une affection aseptique, c’est-à-dire non infectée (Lamain, 2010 ; Mijten, 1998). En 2016, une équipe de chercheurs de l’université de Gand a mis en évidence le germe Mycoplasma bovis sur certaines vaches qui présentaient cette maladie (Gille et al., 2016). De ce fait, afin d’avoir un diagnostic étiologique, un prélèvement au moment du traitement chirurgical est recommandé. Le prélèvement doit être acheminé rapidement dans un laboratoire accompagné d’une demande d’analyse qui permettra de réaliser une culture des germes et notamment des mycoplasmes, ainsi que le virus BoHV4.

Le traitement consiste en un drainage chirurgical de la collection liquidienne, suivi d’un lavage quotidien de la cavité formée à l’aide de Chlorhexidine diluée (0,05 %). Le traitement chirurgical est associé à une antibiothérapie par voie générale. La durée des traitements est variable, pouvant aller jusqu’à 5 semaines après le drainage chirurgical (Gille et al., 2016).

L’apparition des complications post-chirurgicales dépend avant tout de l’environnement opératoire, de l’expérience pratique du vétérinaire et de l’éleveur ainsi que de la résistance et l’immunité de l’animal lui-même (Hanzen et al., 1999). Dans le but de réduire l’apparition de ces complications, deux enquêtes de terrain ont été menées récemment auprès des éleveurs du BBB et des vétérinaires ruraux exerçant en Wallonie. Celles-ci visent à établir un lien entre les différentes pratiques recensées et les complications post-opératoires qui en découlent. À partir des résultats obtenus, on peut recommander, en particulier aux éleveurs, les conseils suivants :

  • Aménager un box de vêlage propre et bien désinfecté après chaque césarienne,
  • Laver et désinfecter les essuies fournis au vétérinaire lors de la césarienne après chaque utilisation,
  • Isoler la vache après l’intervention, de préférence dans une stabulation libre afin qu’elle puisse se lever et se coucher sans contraintes,
  • Assurer le suivi du traitement par antibiotiques prescrits par le vétérinaire dans les jours qui suivent la césarienne.

Le clapier est une pathologie peu documentée, dont l’étiologie et les conditions d’apparition restent encore floues. Afin de résoudre ce mystère, la collaboration entre les vétérinaires de terrain, les vétérinaires chercheurs et les éleveurs est indispensable pour mener des études concluantes à ce sujet.

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Pour toute question:
Dr Julien Evrard
gps@arsia.be
Tél.: 083/ 23 05 15

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