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Identification génétique

Dernière mise à jour : 22/11/2011
Les outils administratifs utilisés pour l’identification des animaux vivants (des boucles auriculaires) comme des produits (des étiquettes) ne présentent pas le caractère permanent indispensable à leur utilisation sans contrôle. Il manque un lien indubitable entre l’individu ou le produit et son identifiant.
La Région wallonne a été la première à mettre en place, dès 1998, un système d’archivage biologique de son cheptel : la «pilothèque».
Ce projet est soutenu par la Direction Générale de l’Agriculture et de la ruralité.L’identification exacte et univoque des bovins est une condition essentielle du contrôle sanitaire du cheptel à l’échelle d’un pays, mais aussi du bon fonctionnement des programmes de sélection génétique. 

De même, l’établissement de filières de produits certifiés et le contrôle vétérinaire des viandes nécessitent un moyen de vérifier la bonne identification des carcasses et des produits de la découpe (système Beltrace en aval du système Sanitel).

L’ADN est le meilleur substrat pour identifier de façon sûre un animal et ses produits. Il est unique pour chaque individu (non jumeau vrai) et est présent au niveau de toutes les cellules nucléées (dans tous les tissus). 

Des prélèvements de poils, réalisés simultanément au bouclage d’un jeune animal, sont rendus intimement solidaires des documents régissant son identification administrative et stockés dans ce qu’il est convenu d’appeler une « pilothèque ».

Il s’agit donc d’une véritable structure d’archivage d’échantillons biologiques de référence (des cellules de follicules pileux).

Ces échantillons de référence doivent permettre par la suite de résoudre tous les problèmes concernant l’identification des animaux archivés, mais peuvent également servir les objectifs des filières de certification (contrôle de correspondance entre les animaux et des produits dérivés) aussi bien que de l’élevage (contrôle et reconstitution de pédigrées).

Principe de base

La pilothèque repose sur : 

  • Sanitel
    • législation régissant l’identification
    • délais d’envoi des échantillons (7 jours)
    • encodage dans la base de donnée nationale
    • gestion des archives
  • Du petit matériel
    • des pinces cartonnées autocollantes
    • des pochettes en plastique pour sceller les prélèvements

L’éleveur participant au système se procure le petit matériel nécessaire au prélèvement auprès d’un des sites ARSIA, en même temps qu’il se procure les documents d’identification et marques auriculaires.

Au moment d’apposer les marques auriculaire à un animal nouveau-né, l’éleveur prélève (arrache) une touffe de poils secs au veau à l’aide d’une pince cartonnée bleue.Il note le numéro de la marque auriculaire sur la pince, puis introduit celle-ci dans un compartiment d’une pochette plastique (de telle façon que les inscriptions soient visibles). 

Il colle cette dernière au dos du volet 1 (déclaration de naissance) du document d’identification correspondant, qu’il renvoie dans les 7 jours à sa Fédération.

Il peut à son gré réaliser un prélèvement sur la mère du veau (des pinces blanches sont prévues) et l’introduire dans le second compartiment de la pochette ou, si la mère avait déjà été prélevée auparavant, ne coller que le compartiment contenant l’échantillon du veau (la pochette peut être scindée).

Un avantage pour …

Les éleveurs, responsables de l’identification, peuvent prouver leur bonne foi lors de tout problème ultérieur lié à l’identification des animaux mis sur le marché.Ils peuvent réhabiliter un animal ayant perdu ses marques auriculaires si des parents de l’animal sont archivés. 

Ils peuvent contrôler les allégations des entreprises en aval qui prétendent maîtriser la traçabilité des produits et se servent de l’identité des animaux comme argument de vente (ils peuvent ainsi se prémunir contre la législation traitant des matières premières défectueuses).

Ils peuvent valoriser la garantie et la plus-value qu’ils apportent, par leur participation à la pilothèque, en permettant le contrôle de l’identification jusqu’à leur élevage.

Ils peuvent contrôler que les résultats d’essais effectués sur des prélèvements réalisés par l’autorité dans le cadre des contrôles sanitaires légaux (ante- ou post-mortem) correspondent bien à leurs animaux.

Les organisations professionnelles disposent d’un marché d’animaux (près de 100.000 têtes depuis 1998) apportant des garanties supplémentaires en terme d’identification.Le système permet de choisir le lieu où la garantie doit être assurée : on peut en effet effectuer le prélèvement à l’entrée ou à la sortie du centre d’engraissement (volet de sortie), et garantir l’identité à travers la chaîne d’abattage, de découpe et de distribution de ces animaux. Ce marché reste à prendre. 

Les consommateurs et les associations de consommateurs, sont en mesure de contrôler l’identification des animaux et l’origine des produits à travers les filières, ou auprès de l’éleveur ou du boucher auquel il fait confiance (filière de qualité différenciée, boucherie à la ferme, boucher se fournissant directement à la ferme), et qui paient le prix pour une qualité différenciée.

Les organes officiels qui ont la tutelle ou sont compétents pour la gestion sanitaire des animaux ou de leurs produits, disposent d’un outil extrêmement puissant constituant une aide à la décision et permettant un contrôle pouvant être objectivé scientifiquement.

Uniquement les bovins ?

La technologie d’analyse est disponible dès à présent pour plusieurs espèces animales (bovins, porcs, chevaux, moutons, chèvres, chiens), mais peut être développée pour tous les animaux (et même végétaux). Néanmoins, les essais de laboratoire constituent un moyen d’objectiver la performance d’un système administratif d’identification.
Celui-ci doit donc être disponible préalablement et être univoque (un animal, une identification unique).

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