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Fièvre aphteuse (F.A.)

Dernière mise à jour : 31/05/2013
1. La maladie 3. Législation
2. Mesures de prévention et de lutte 4. Situation en belgique et à l’étranger

Sources: Afsca

La maladie

Origine

La fièvre aphteuse est une maladie virale causée par un aphtovirus de la famille de picornaviridae. Les bi-ongulés, qu’ils soient domestiques ou sauvages, y sont très sensibles, à l’exception des camélidés. Peuvent également être infectés les éléphants et les hérissons, voire le tapir et l’ours dans une moindre mesure.

La fièvre aphteuse, très contagieuse, s’accompagne d’un impact économique très important. Celui-ci justifie les politiques nationales et internationales menées en rapport avec cette maladie.

Symptômes cliniques

La fièvre aphteuse est caractérisée par de la fièvre et l’apparition d’aphtes ou de vésicules, principalement dans la bouche (langue, gencives, lèvres) et au niveau des pieds (espace interdigité, bourrelet coronaire). La rupture des ces aphtes peut conduire à la formation d’ulcères.

Les principaux signes cliniques observés sont généralement liés à la présence de ces aphtes et ulcères : salivation, grincement des dents, diminution de l’appétit, boiteries, réticence à se déplacer,…. Selon l’espèce concernée, les manifestations peuvent être plus ou moins importantes : les bovins présentent en général un tableau clinique franc alors que les ovins et caprins présentent des lésions plus discrètes et la maladie peut présenter un caractère frustre.

Transmission

Le virus de la fièvre aphteuse est un virus extrêmement contagieux.

Les animaux infectés vont excréter le virus dans le liquide des aphtes, la salive, le lait, le sperme, les urines, les fèces et l’air expiré. Cette excrétion peut, en fonction des voies d’excrétions considérées, même débuter avant l’apparition de symptômes cliniques. Le virus peut également être retrouvé dans la viande issue d’animaux infectés et congelée trop tôt après l’abattage.

Le virus de la fièvre aphteuse a une résistance importante et peut survivre longtemps dans le milieu extérieur. Les sources de virus à l’origine de la contamination d’animaux sont très variées :

  • contact direct avec des animaux malades,
  • contact avec des porteurs inapparents, qu’il s’agisse d’animaux (porteurs précoces, animaux convalescents ou porteurs sains) ou non (matériel de vétérinaire, véhicule,…)
  • contact avec des matières contaminées, telles que du fumier, des aliments, des vaccins mal préparés,…
  • contact avec des produits d’animaux infectés (lait, viande, sperme),
  • exposition à des aérosols contenant des particules virales, le virus pouvant se propager sur plusieurs kilomètres.

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique de la fièvre aphteuse. Les animaux adultes guérissent habituellement de la maladie, mais cette guérison s’accompagne d’une baisse de production. Certains peuvent devenir porteurs du virus et le disséminer pendant une longue période. Les jeunes animaux sont plus sujets au développement d’une myocardite, avec issue fatale fréquente.


Mesures de prévention et de lutte

Prévention

Avant, la prévention passait par l’utilisation de vaccins contre la fièvre aphteuse. Cette vaccination, relativement couteuse, devait être réitérée chaque année et ne pouvait garantir une protection contre tous les sérotypes existants. Depuis 1991, cette vaccination préventive n’est plus autorisée au sein de l’Union européenne. L’Union européenne a ainsi obtenu le statut « indemne sans vaccination », statut qui lui octroie l’accès aux grands marchés d’exportation.

Aujourd’hui, la prévention passe par la bonne mise en application de mesures générales :

  • au sein même des exploitations d’animaux sensibles :
  • visiteurs soumis à l’application de mesures d’hygiène et de désinfection spécifiques à l’entrée et à la sortie des exploitations,
  • accès restreint aux personnes qui ne sont pas revenues depuis moins de 72 heures d’un pays où des mesures restrictives en rapport avec la fièvre aphteuse sont d’application,
  • par rapport au transport des animaux :
  • tout moyen de transport doit être nettoyé et désinfecté après chaque transport de bi-ongulés,
  • si le transport provient d’un pays où des mesures restrictives en rapport avec la fièvre aphteuse sont d’application, celui-ci doit être nettoyé et désinfecté avant de quitter la zone à risque ; dans le cas d’un transport de porcs, ces nettoyage et désinfection sont renouvelés à l’arrivée en Belgique, sous la supervision d’un agent de l’AFSCA,
  • en ce qui concerne les voyageurs venant de l’extérieur de l’Union européenne
    • importation de denrées alimentaires ou des produits d’animaux interdite
    • introduction de certains produits à base de viande ou de lait autorisée pour autant qu’ils respectent les conditions strictes reprises dans la Décision 2002/95/CE.

Lutte

Lorsqu’un foyer se déclare malgré tout sur son territoire, la Belgique dispose de plusieurs mesures de lutte qu’elle peut choisir de mettre en place pour empêcher la dispersion du virus. Parmi ces mesures, on retrouve notamment les suivantes :

  • décret d’un stand-still pouvant durer jusqu’à 72 heures, c’est-à-dire une période au cours de laquelle tout mouvement d’animaux ou de produits à risque (lait par exemple) est interdit ;
  • délimitation de plusieurs zones (1km, 3km et 10km) autour des foyers identifiés;
  • assainissement des foyers, voire des exploitations situées dans un certain périmètre autour de ces foyers si cela s’avère nécessaire ;
  • restrictions au transport ;
  • interdiction des rassemblements animaux ;
  • vaccination d’urgence dans un périmètre réduit et sous conditions strictes,
  • mesures de biosécurité plus restrictives,
  • surveillance/monitoring accrus.

Législation

La fièvre aphteuse est une maladie contagieuse à déclaration obligatoire. Toute suspicion doit immédiatement être communiquée à l’unité provinciale de contrôle de l’AFSCA.

Législation belge

  • Arrêté royal du 10 octobre 2005 relatif à la lutte contre la fièvre aphteuse.
  • Arrêté ministériel du 22 avril 2002 portant des mesures temporaires de lutte contre la fièvre aphteuse.
  • Arrêté ministériel du 22 janvier 2007 portant des mesures temporaires en vue de la prévention des maladies épizootiques du porc.

Législation européenne

  • Directive 2003/85/EG de la Commission établissant des mesures communautaires de lutte contre la fièvre aphteuse et modifiant la directive 92/46/CEE.

 


Situation en belgique et à l’étranger

Situation en Belgique

La Belgique est indemne de fièvre aphteuse. Le dernier cas avéré sur notre territoire remonte aux années 1970.

Situation à l’étranger

En Europe

L’Europe est considérée indemne de fièvre aphteuse. Cela ne l’empêche pas d’être occasionnellement confronté à une épidémie de fièvre aphteuse.

Même si l’introduction du virus en Europe risque souvent d’être liée au commerce international à partir de régions où sévit la fièvre aphteuse, que ce soit par l’introduction d’animaux malades ou de produits issus d’animaux malades, les derniers épisodes européens nous ont montré que l’origine d’une épidémie peut être très diverse.

  • En 2001, une épidémie de fièvre aphteuse a débuté en Angleterre et s’est généralisée à l’ensemble du Royaume Uni avant de toucher également la France et les Pays-Bas : au total, plus de 2000 foyers ont été mis en évidence. Cette épidémie a débuté suite à l’utilisation de déchets de cuisine d’un bateau pour l’alimentation du bétail.
  • En 2007, l’Angleterre a été confrontée à plusieurs foyers de fièvre aphteuse, le virus s’étant « échappé » d’un laboratoire et ayant ensuite été dispersé via les voitures du personnel du laboratoire.
  • En 2011, la Bulgarie est confrontée à plusieurs foyers de fièvre aphteuse, tout près de la frontière turque. Une des hypothèses concernant les voies de contamination suggère que le virus ait pu être introduit par des sangliers turcs qui sont entrés en contact avec le bétail bulgare, la maladie étant endémique en Turquie et la barrière censée empêcher le passage de la faune sauvage au travers de la frontière étant mal entretenue par endroits.

Hors Europe

Les États-Unis et l’Australie sont considérés comme indemnes de fièvre aphteuse.

L’Amérique du sud et l’Amérique centrale contrôlent la maladie par la vaccination.

Depuis fin novembre 2010, la Corée est confrontée à une épidémie sans précédent de fièvre aphteuse. Afin d’enrayer la dispersion du virus, diverses mesures ont été mises en place : près d’un million de bovins et de porcs ont déjà été abattus, et un million et demi de bovins et de porcs ont été vaccinés. L’effort vaccinal se poursuit et le taux de vaccination pourrait atteindre 50% du cheptel. La Belgique a d’ailleurs mis 800.000 doses produites à partir de son stock d’antigènes à la disposition des autorités coréennes, afin de permettre cette vaccination massive.

Le Japon est quant à lui à nouveau confronté à la fièvre aphteuse depuis avril 2010, après quasi 10 ans d’absence du virus. L’épidémie est contrôlée sans recourir à la vaccination.

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