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GPS Veaux mous

Dernière mise à jour : 23/10/2012

Depuis quelques années, la notion de « veaux mous », caractérisés par leur refus de boire, leurs difficultés à se lever et sécher, est de plus en plus fréquemment rapportée par nos vétérinaires, surtout en spéculation viandeuse.

Ces veaux, au démarrage difficile, semblent de surcroît plus sensibles aux infections et autres troubles, notamment à cause d’une faible valorisation du colostrum.
Nous avons donc décidé d’investiguer ce problème dans le cadre du GPS. Notre objectif était de déterminer s’il existe, dans les premières heures de vie, un ou des paramètres aisément mesurables ou critères évaluables, permettant ensuite au soignant d’intervenir et d’améliorer les chances de survie du veau. L’intérêt de l’utilisation de tels indicateurs serait de limiter les répercussions économiques des maladies du veau à sa naissance.

Pour cela, dans le cadre d’une première étude* réalisée l’hiver 2011/2012*, nous avons travaillé avec un groupe de vétérinaires praticiens. Ils ont dans un premier temps prélevé du sang sur des veaux dès leur naissance et dans leur première semaine de vie. L’Arsia a ensuite réalisé différentes analyses sur ces prélèvements tels le taux de glucose, d’anticorps, de minéraux, etc. Les vétérinaires ont fourni par ailleurs des informations sur le vêlage, la mère, le démarrage du veau et le colostrum reçu par celui-ci.

*Cette étude a été réalisée en collaboration avec le pôle « Ruminant-Porc » de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Liège ( Dr Léonard Théron, et Dr Anna Ronzoni ).

Nous avons donc mesuré divers paramètres parmi lesquels :

L’adaptation au monde extérieur

Dés sa sortie de la matrice, le veau doit rapidement s’adapter pour passer d’un environnement où tout lui est apporté par le sang, à l’environnement extérieur où il lui faut tout à la fois respirer, se nourrir et se défendre contre des germes. C’est pourquoi dès les premières minutes de vie surviennent des modifications internes, entre autres au niveau de sa circulation sanguine, de sa température et de son immunité et de ses poumons qui doivent se déployer.

Les paramètres évalués sont à ce titre : la température corporelle, la composition du sang et colostrum, l’oxygénation du sang et l’évaluation de l’immunité du veau acquise grâce à la mère.

La surveillance du démarrage du veau

Plusieurs paramètres sont déjà connus pour évaluer les chances de survie d’un veau et permettent de savoir s’il faut intervenir ou non : température rectale, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire. Mais des comportements tels les temps de levée de la tête, de mise en position sur le sternum et pour se relever sont aussi des paramètres importants et faciles à surveiller dans les premières minutes de vie.

Premières tendances observées

Nous avons reçu 80 prélèvements de veaux BBB, nés au cours de l’hiver 2011-2012, venant de 10 fermes du Condroz. Tous les veaux sont nés vivants, viables et seuls 5% sont morts après les premiers mois de vie.

Après l’analyse de tous les résultats, des éléments importants émergent tel que le taux d’anticorps que le veau va parvenir à assimiler. Trop souvent, il se situe sous la limite acceptable, si l’on s’en réferre à la littérature. Le graphique ci-contre reprend les pourcentages de veaux dans chaque classe suivant leur taux en anticorps.

De plus un taux faible en anticorps dans le sang du veau est souvent associé à un taux faible en anticorps dans le colostrum. Mais certains résultats nous permettent de penser que la quantité de colostrum donnée dans les 48 premières heures est aussi essentielle. Faut-il le rappeler… bien gérer le colostrum est important pour un bon démarrage des veaux (Voir encadré ci-dessus).

Autre signal d’alarme, malgré des campagnes de sensibilisation pour la complémentation en sélénium, et bien que paradoxalement toutes les exploitations participantes y veillaient, nous avons relevé un taux faible en sélénium pour l’ensemble des veaux.
Si notre étude portait sur l’étude de « veaux mous », nous n’en avons toutefois recensé aucun dans l’ensemble des veaux sélectionnés… Et nous avons pu confirmer ( hélas, mais heureusement pour les éleveurs participants ! ), une faible mortalité chez nos petits veaux viandeux ( 4 morts sur 80 ).

Par ailleurs, beaucoup de résultats nous confortent dans l’idée que nos chers BBB présentent de nombreuses spécificités par rapport aux autres races. Entre autres, ils présentent tous à la naissance une hypoglycémie, c’est à dire un taux de sucre ( glucose ) dans le sang insuffisant, ce qui n’est pas néfaste pour eux.
Nous remercions les éleveurs et vétérinaires pour leur contribution précieuse à notre étude.

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