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Biosécurité

Dernière mise à jour : 21/03/2012

Rentabilisons nos exploitations porcines en améliorant la biosécurité !

P. Thilmant, DMV – Article paru dans l’Arsia Infos de novembre 2011
E-mail: pierre.thilmant@provincedeliege.be / Tel : 04 / 387 48 38
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Dans un contexte économiquement difficile, les éleveurs, techniciens et vétérinaires ont actuellement intérêt à optimaliser les exploitations porcines en améliorant l’état sanitaire de ces dernières et le bien-être des animaux y séjournant.

C’est pourquoi, développer la biosécurité externe et interne est primordial pour la survie de nos élevages car l’antibiothérapie et la vaccination sont des outils coûteux et sont loin d’être totalement efficaces.

Qu’est-ce la biosécurité ? C’est un système de prévention ( et donc de protection ) contre les maladies infectieuses. Ses règles empêchent l’introduction de nouveaux agents pathogènes dans un troupeau ( biosécurité externe ) et la dissémination de ceux-ci au sein des exploitations ( biosécurité interne ).

Elles seront surtout axées pour la lutte contre le « Syndrome Dysgénésique et Respiratoire Porcin ( SDRP ) » ou « Porcine Reproductive and Respiratory Syndrome (PRRS) » provoquant des problèmes de reproduction sur le troupeau de truies et des troubles respiratoires en engraissement. Cette infection est souvent associée à d’autres germes pathogènes engendrant ainsi de lourdes pertes économiques et le découragement des éleveurs.

Les applications des règles de biosécurité et tous les « trucs et astuces » seront développés au fur et à mesure dans les prochains articles de ce périodique et pourront être consultés sur le site web de l’« ARSIA » et du « CPL-Animal ».

Rentabilisons nos exploitations porcines en améliorant la biosécurité ! (partie 2)

P. Thilmant, DMV – Article paru dans l’Arsia Infos de décembre 2011

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La 1ère règle de biosécurité externe est de ne jamais acheter des animaux provenant d’une zone à risque ( ceux-ci doivent être indemnes ) et d’utiliser une quarantaine d’acclimatation. Les doses de semence proviendront toujours de verrats indemnes et non vaccinés. Dans le cas de l’achat de doses à un centre d’insémination artificielle ( CIA ), celui-ci doit être agréé et certifié PRRS négatif. En France, USA, Canada,… tous les CIA le sont. En Belgique, malheureusement, la plupart ne le sont pas… !

Pour rappel, la biosécurité est un système de prévention (ou de protection) contre les germes pathogènes. Celle-ci permet une lutte très efficace contre la plupart des maladies infectieuses. La biosécurité pallie très efficacement les carences de l’antibiothérapie (dues à l’existence de souches bactériennes de plus en plus résistantes) et de la vaccination qui bien souvent diminue l’excrétion virale de la souche sauvage avec réduction des symptômes cliniques mais ne la supprime pas ( par exemple le Syndrome Dysgénésique et Respiratoire Porcin / SDRP ou Porcine Reproductive and Respiratory Syndrome / PRRS ).

La biosécurité a un coût mais l’investissement réalisé pour celle-ci est « durable », contrairement à l’utilisation des antibiotiques ou des vaccins.
Ainsi, les mesures qui sont à mettre en place doivent être prises non pas comme un mur à franchir, et donc un obstacle, mais des marches à gravir progressivement vers un assainissement dans son élevage. Chaque marche franchie fait gagner de l’argent à l’exploitant.

Protéger son exploitation du virus du SDRP/PRRS est primordial pour la survie économique de celle-ci. En effet, des souches virales de plus en plus agressives existent en Asie et actuellement, plus près de chez nous au Danemark. La contamination par les animaux de renouvellement ( cochettes et verrats ) ou par la semence est un risque majeur.

Rentabilisons nos exploitations porcines en améliorant la biosécurité ! (partie 3)

P. Thilmant, DMV – Article paru dans l’Arsia Infos de janvier 2012

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La biosécurité interne est un système « durable » de prévention et est constituée de mesures visant à réduire la propagation des germes au sein de l’élevage en réduisant les risques de contamination.
Pour mettre en place celle-ci, trois grands principes devront être appliqués :

  • diviser l’élevage en différentes zones ;
  • maîtriser le déplacement des animaux, du personnel et du matériel ;
  • nettoyer, désinfecter et lutter contre les nuisibles.
  • Pourquoi ? : parce qu’il existe au sein d’une même exploitation des zones où le microbisme ( niveaux d’infection et de contamination ) et le statut immunitaire des animaux sont fondamentalement différents.

Ainsi, un élevage est divisé en différents secteurs :

  • la zone de naissage : comprenant la gestation, la verraterie et la maternité,
  • la première zone de croissance : le post-sevrage,
  • la deuxième zone de croissance : l’engraissement,
  • le quai de stockage et d’embarquement
  • l’équarrissage,
  • la quarantaine,
  • l’infirmerie.

Il est important de mettre en place des « barrières » entre ces différents secteurs de l’élevage afin :

  • d’éviter les contacts ( directs et indirects ),
  • de contrôler les passages entre ces zones,
  • de mettre en place un ou plusieurs sas pour le personnel
  • de supprimer tous les autres passages non indispensables.

L’objectif principal est de maîtriser les déplacements pour appliquer le principe de la « marche en avant » c’est à dire le déplacement depuis les secteurs les moins contaminés vers les plus contaminés.

Rentabilisons nos exploitations porcines en améliorant la biosécurité ! (partie 4)

P. Thilmant, DMV – Article paru dans l’Arsia Infos de février 2012

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Exemple « biosécurité externe » : La clôture (avec la barrière ) délimite le périmètre de l’élevage, empêche les animaux errants de passer et contrôle l’accès des personnes et des véhicules. Le grillage est solide, enterré et de 1m50 de hauteur. Il se trouve à +/- 5 m de distance des bâtiments (source IFIP-ITP )

Selon une étude française récente réalisée sur 77 élevages de type « naisseur-engraisseur », l’impact économique positif de la biosécurité est de : 202 € / truie présente / an

Ce montant représente la différence de marge en faveur des troupeaux avec un niveau de biosécurité ( interne et externe ) élevé par rapport à ceux qui ont un niveau bas ( Corrégé et al., 2012 ). Les auteurs soulignent l’importance de la biosécurité, pour optimiser les coûts de production et insistent aussi sur le fait que les bonnes pratiques d’hygiène ne doivent pas être considérées comme une contrainte mais comme un moyen de pérenniser les élevages.

Truc et astuce

Afin de vous aider à évaluer le score « biosécurité » de votre exploitation, il vous serait très utile de consulter, avec votre vétérinaire d’exploitation, le site « BIOCHECK » de l’université de Gand ( www.biocheck.ugent.be ).
Ce site interactif et gratuit permet d’obtenir suite à une enquête de 118 questions, un rapport instantané sur la biosécurité ( interne et externe ) d’un élevage et de comparer le score de celui-ci avec le score moyen des autres élevages participants. Si vous éprouvez des difficultés à répondre au questionnaire ( la traduction française du site n’est pas encore finalisée ), le CPL-Animales reste à votre disposition pour vous aider.

Référence bibliographique

  • Corrégé I., Fourchon P., Le Brun T., Berthelot N., 2012. Biosécurité et hygiène en élevage de porcs : état des lieux et impact sur les performances technico-économiques. Journées Rech. Porcine, 44, 101-102

Rentabilisons nos exploitations porcines en améliorant la biosécurité ! (partie 5)

P. Thilmant, DMV – Article paru dans l’Arsia Infos de mars 2012

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La quarantaine doit être située à l’extérieur du périmètre de l’exploitation, à 30 mètres au moins des premiers bâtiments et à l’écart des vents dominants ( source IFIP-ITP )

Empêcher ou limiter l’introduction de nouveaux agents infectieux (bactéries, virus, parasites) dans une exploitation est essentiel pour pérenniser un élevage. C’est le rôle de la biosécurité externe.
Les différentes voies de contamination possibles sont :

  • l’introduction des cochettes et verrats,
  • la semence de verrat,
  • l’homme ( personnel et visiteurs ),
  • les nuisibles ( insectes, rongeurs ) et oiseaux,
  • les animaux domestiques ( chiens et chats ),
  • les véhicules de transport,
  • le matériel et l’équipement,
  • l’aliment et l’eau,
  • le lisier et le fumier,
  • l’air.

Quelles sont les mesures à prendre lors de l’introduction des cochettes et verrats dans un élevage ? Il faut :

  • valider le statut sanitaire de l’élevage d’origine,
  • contrôler les mesures de protection prises lors du transport et de la livraison,
  • mettre ces animaux en quarantaine.

Caractéristiques de la quarantaine

  • Elle joue un rôle de protection sanitaire et d’acclimatation.
  • Son local est à l’extérieur et indépendant de l’exploitation et se situe à une distance de 30 mètres au minimum ; il est à l’écart des vents dominants.
  • Sa capacité permet une conduite en tout plein tout vide  avec nettoyage, désinfection et vide sanitaire entre chaque lot.
  • La durée idéale de la quarantaine est de 8 à 11 semaines. Les jeunes reproducteurs y sont élevés dans les meilleures conditions de température, de luminosité et de densité.

La quarantaine débute par une phase d’observation qui a pour objectif de déceler les animaux malades sans risque de contamination de l’élevage. Il est dès lors impératif d’utiliser des vêtements et du matériel spécifiques à la quarantaine. Les animaux sont soignés après ceux de l’élevage.
Elle se poursuit par une phase d’acclimatation pour adapter progressivement les animaux au microbisme de l’étable. Le protocole d’adaptation doit être réalisé en accord avec le vétérinaire d’exploitation ( plan de vaccinations, introduction d’une truie de réforme saine… ).

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